Le Comité britannique de gestion des urgences liées aux catastrophes (DEC), un organisme fondé il y a plus de 45 ans afin de convaincre les organisations humanitaires de collaborer plutôt que de se livrer concurrence pour récolter des fonds d’urgence, a à ce jour récolté plus de 60 millions de dollars à la suite de son appel de fonds en faveur des crues au Pakistan (indépendamment de l’aide publique britannique).

C’est la deuxième fois cette année, après le séisme en Haïti, que cette machine londonienne bien huilée se met en marche. Et ce modèle est adopté par de plus en plus de pays.

Selon Brendan Gormley, directeur exécutif du comité, les appels de l’organisme s’adressent au grand public, y compris aux personnes qui ne donnent pas régulièrement aux associations caritatives. « Lorsque les gens ont vu quelque chose de terrible à la télévision, ou en ont entendu parler à la radio, quand ils ont vu qu’il est possible de faire quelque chose pour y remédier, nous leur donnons les moyens d’agir facilement. C’est un service centralisé. Nous avons un seul numéro de téléphone, un seul site Internet, les banques reçoivent les fonds sans frais, et notre boîte postale est 999, le numéro des urgences au Royaume-Uni », a-t-il expliqué à IRIN.

En situation d’urgence, les organismes membres, dont Oxfam, la Croix-Rouge britannique, Concern et World Vision, peuvent continuer à recevoir des fonds de leurs propres donateurs, mais ils ne sont pas tenus de faire de la publicité pour obtenir des dons parallèlement à l’appel du DEC.

D’après Jeremie Bodin, directeur de la récolte de fonds d’urgence chez Save the Children Royaume-Uni, les organismes tirent parti d’une campagne publicitaire de grande envergure qu’ils n’auraient pas les moyens d’organiser individuellement. « L’appel télévisé est lancé gratuitement par les opérateurs de télévision. On voit vraiment la différence dans les sommes récoltées et les sommes qui ont dû être dépensées pour récolter ces fonds. Au cours des derniers appels lancés, nous avons constaté que nous recevions normalement entre deux et cinq fois plus que nos revenus normaux ». 

L’inconvénient, pour les organismes, c’est qu’ils perdent leur visibilité auprès du public. « Lorsque les gens donnent, on ne peut pas les recontacter, alors on passe à côté d’une occasion d’obtenir le soutien de nouveaux donateurs », a déploré M. Bodin.

Il n’est pas surprenant que tout organisme dont les campagnes viennent « se greffer » à celles du DEC fasse l’objet d’un ressentiment considérable. Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), par exemple, a lui aussi lancé un appel en faveur du Pakistan en Grande-Bretagne. « Nous perdons notre visibilité au profit d’autres organismes qui ne font pas partie du DEC », a déclaré M. Bodin à IRIN. « L’UNICEF, qui ne fait pas partie du groupe, fait de la publicité en ce moment. Evidemment, il en bénéficie énormément, tandis que nous [chaque organisme] sommes invisibles pendant la période où le DEC lance son appel ». 

« Si la BBC convient que la situation exige de lancer un appel sur le réseau, j’aime à penser que c’est une reconnaissance énorme »

En comparaison, l’appel lancé par Islamic Relief à l’occasion du Ramadan ne fait pas l’objet du même ressentiment ; les organismes reconnaissent que cette campagne avait été planifiée et financée bien avant les crues au Pakistan. Selon M. Gormley, cette campagne est un atout, et non un obstacle à l’appel collectif. « Islamic Relief est membre du DEC et nous l’avons encouragé à collaborer avec d’autres associations caritatives islamiques (Muslim Aid, Muslim Hands) pour assurer que le message sur le Pakistan soit diffusé au plus de monde possible. Chez les musulmans, le Ramadan est une période privilégiée pour donner ».

Rivalités

Compte tenu des rivalités observées au sein de la communauté humanitaire, les « dialogues énergiques », comme les appelle avec diplomatie M. Gormley, sont fréquents au sein du groupe. Ces dialogues portent en partie sur la répartition des fonds récoltés entre les organismes : « C’est probablement, a-t-il indiqué, l’un des éléments délicats de la famille du DEC ». La répartition est réalisée selon une formule fixe, reposant sur les dépenses effectuées par chaque organisme dans le cadre de ses activités humanitaires au cours des trois années précédentes : les sommes allouées vont de 20 pour cent pour les membres les plus importants à un minimum de trois pour cent.

L’autre question délicate porte sur les causes à cibler. Le séisme en Haïti et les crues au Pakistan ont donné lieu à des appels du DEC, mais pas la sécheresse au Niger. Certains organismes membres ont fortement fait pression en faveur d’un appel, mais selon M. Gormley, si le Niger remplissait deux des trois critères imposés par le DEC (les besoins y sont importants et les organismes membres sont en mesure d’y apporter une aide effective), le comité pensait que malgré la couverture efficace de la situation, assurée par la BBC ainsi que d’autres opérateurs, le public britannique n’était pas aussi « réceptif » à la question nigérienne.

Les opérateurs de télévision jouent un rôle essentiel dans le cadre de ces appels, de même que leur crédibilité. « Si la BBC convient que la situation exige de lancer un appel sur le réseau, j’aime à penser que c’est une reconnaissance énorme », explique Paul McCauley, conseiller de la BBC dans le domaine des appels caritatifs. « Bien sûr, ce gendre de drames échappe à tout contrôle, mais généralement ils arrivent à peu près deux fois par an. Lorsque nous lançons un appel au nom du DEC, il doit être tout à fait clair pour le public que nous n’agissons pas à la légère. C’est vraiment quelque chose de très important qui exige une aide immédiate ».

Mais pour lancer un appel télévisé, il faut des images, et des images qui touchent le cœur des spectateurs. Or, malheureusement pour le Niger, la pire famine observée dans le pays survient (inévitablement) après que la dernière graine de la récolte précédente a été semée, et alors que la nouvelle récolte, bien qu’elle soit loin d’être prête, apparaît déjà, verte et luxuriante. Et ce type de « famine verte » est une histoire particulièrement difficile à raconter en images.

En attendant, les images du Pakistan diffusées à la télévision montrent toute l’étendue de la destruction causée par les eaux de crues, à mesure que celles-ci se retirent, et le public britannique continue de donner.

eb/mw/nh/np
90420 News Environment and Disasters Aid and Policy Politics and Economics Le Royaume-Uni, un modèle pour le financement privé des secours d’urgence IRIN DAKAR Afghanistan Africa Armenia Angola Saudi Arabia Azerbaijan Bangladesh Burkina Faso Bahrain Burundi Benin Bhutan Botswana Belarus East Africa DRC Central African Republic Congo Côte d’Ivoire Cameroon Comoros Cape Verde Djibouti Algeria Egypt Eritrea Ethiopia Gabon Georgia Ghana Great Lakes Global Gambia Guinea Equatorial Guinea Guinea-Bissau HORN OF AFRICA Haiti Indonesia Israel Inde Iraq Iran Jordan Kenya Kyrgyzstan Cambodia Kuwait Kazakhstan Laos Lebanon Sri Lanka Liberia Lesotho Libya Morocco Middle East and North Africa Madagascar Mali Myanmar Mauritania Mauritius Maldives Malawi Moldova Mozambique Namibia Niger Nigeria Nepal Oman Palestine Papua New Guinea Philippines Pakistan Qatar Russia Rwanda Southern Africa South Africa Seychelles Sudan Sierra Leone Senegal Somalia Sao Tome and Principe Syria Swaziland Turkmenistan Chad Togo Thailand Tajikistan Timor-Leste Tunisia Tanzania United Arab Emirates Ukraine Uganda Uzbekistan Vietnam West Africa Western Sahara Yemen Zambia Zimbabwe

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Le Comité britannique de gestion des urgences liées aux catastrophes (DEC), un organisme fondé il y a plus de 45 ans afin de convaincre les organisations humanitaires de collaborer plutôt que de se livrer concurrence pour récolter des fonds d’urgence, a à ce jour récolté plus de 60 millions de dollars à la suite de son appel de fonds en faveur des crues au Pakistan (indépendamment de l’aide publique britannique).

C’est la deuxième fois cette année, après le séisme en Haïti, que cette machine londonienne bien huilée se met en marche. Et ce modèle est adopté par de plus en plus de pays.

Selon Brendan Gormley, directeur exécutif du comité, les appels de l’organisme s’adressent au grand public, y compris aux personnes qui ne donnent pas régulièrement aux associations caritatives. « Lorsque les gens ont vu quelque chose de terrible à la télévision, ou en ont entendu parler à la radio, quand ils ont vu qu’il est possible de faire quelque chose pour y remédier, nous leur donnons les moyens d’agir facilement. C’est un service centralisé. Nous avons un seul numéro de téléphone, un seul site Internet, les banques reçoivent les fonds sans frais, et notre boîte postale est 999, le numéro des urgences au Royaume-Uni », a-t-il expliqué à IRIN.

En situation d’urgence, les organismes membres, dont Oxfam, la Croix-Rouge britannique, Concern et World Vision, peuvent continuer à recevoir des fonds de leurs propres donateurs, mais ils ne sont pas tenus de faire de la publicité pour obtenir des dons parallèlement à l’appel du DEC.

D’après Jeremie Bodin, directeur de la récolte de fonds d’urgence chez Save the Children Royaume-Uni, les organismes tirent parti d’une campagne publicitaire de grande envergure qu’ils n’auraient pas les moyens d’organiser individuellement. « L’appel télévisé est lancé gratuitement par les opérateurs de télévision. On voit vraiment la différence dans les sommes récoltées et les sommes qui ont dû être dépensées pour récolter ces fonds. Au cours des derniers appels lancés, nous avons constaté que nous recevions normalement entre deux et cinq fois plus que nos revenus normaux ». 

L’inconvénient, pour les organismes, c’est qu’ils perdent leur visibilité auprès du public. « Lorsque les gens donnent, on ne peut pas les recontacter, alors on passe à côté d’une occasion d’obtenir le soutien de nouveaux donateurs », a déploré M. Bodin.

Il n’est pas surprenant que tout organisme dont les campagnes viennent « se greffer » à celles du DEC fasse l’objet d’un ressentiment considérable. Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), par exemple, a lui aussi lancé un appel en faveur du Pakistan en Grande-Bretagne. « Nous perdons notre visibilité au profit d’autres organismes qui ne font pas partie du DEC », a déclaré M. Bodin à IRIN. « L’UNICEF, qui ne fait pas partie du groupe, fait de la publicité en ce moment. Evidemment, il en bénéficie énormément, tandis que nous [chaque organisme] sommes invisibles pendant la période où le DEC lance son appel ». 

« Si la BBC convient que la situation exige de lancer un appel sur le réseau, j’aime à penser que c’est une reconnaissance énorme »

En comparaison, l’appel lancé par Islamic Relief à l’occasion du Ramadan ne fait pas l’objet du même ressentiment ; les organismes reconnaissent que cette campagne avait été planifiée et financée bien avant les crues au Pakistan. Selon M. Gormley, cette campagne est un atout, et non un obstacle à l’appel collectif. « Islamic Relief est membre du DEC et nous l’avons encouragé à collaborer avec d’autres associations caritatives islamiques (Muslim Aid, Muslim Hands) pour assurer que le message sur le Pakistan soit diffusé au plus de monde possible. Chez les musulmans, le Ramadan est une période privilégiée pour donner ».

Rivalités

Compte tenu des rivalités observées au sein de la communauté humanitaire, les « dialogues énergiques », comme les appelle avec diplomatie M. Gormley, sont fréquents au sein du groupe. Ces dialogues portent en partie sur la répartition des fonds récoltés entre les organismes : « C’est probablement, a-t-il indiqué, l’un des éléments délicats de la famille du DEC ». La répartition est réalisée selon une formule fixe, reposant sur les dépenses effectuées par chaque organisme dans le cadre de ses activités humanitaires au cours des trois années précédentes : les sommes allouées vont de 20 pour cent pour les membres les plus importants à un minimum de trois pour cent.

L’autre question délicate porte sur les causes à cibler. Le séisme en Haïti et les crues au Pakistan ont donné lieu à des appels du DEC, mais pas la sécheresse au Niger. Certains organismes membres ont fortement fait pression en faveur d’un appel, mais selon M. Gormley, si le Niger remplissait deux des trois critères imposés par le DEC (les besoins y sont importants et les organismes membres sont en mesure d’y apporter une aide effective), le comité pensait que malgré la couverture efficace de la situation, assurée par la BBC ainsi que d’autres opérateurs, le public britannique n’était pas aussi « réceptif » à la question nigérienne.

Les opérateurs de télévision jouent un rôle essentiel dans le cadre de ces appels, de même que leur crédibilité. « Si la BBC convient que la situation exige de lancer un appel sur le réseau, j’aime à penser que c’est une reconnaissance énorme », explique Paul McCauley, conseiller de la BBC dans le domaine des appels caritatifs. « Bien sûr, ce gendre de drames échappe à tout contrôle, mais généralement ils arrivent à peu près deux fois par an. Lorsque nous lançons un appel au nom du DEC, il doit être tout à fait clair pour le public que nous n’agissons pas à la légère. C’est vraiment quelque chose de très important qui exige une aide immédiate ».

Mais pour lancer un appel télévisé, il faut des images, et des images qui touchent le cœur des spectateurs. Or, malheureusement pour le Niger, la pire famine observée dans le pays survient (inévitablement) après que la dernière graine de la récolte précédente a été semée, et alors que la nouvelle récolte, bien qu’elle soit loin d’être prête, apparaît déjà, verte et luxuriante. Et ce type de « famine verte » est une histoire particulièrement difficile à raconter en images.

En attendant, les images du Pakistan diffusées à la télévision montrent toute l’étendue de la destruction causée par les eaux de crues, à mesure que celles-ci se retirent, et le public britannique continue de donner.

eb/mw/nh/np
90420 News Environment and Disasters Aid and Policy Politics and Economics Le Royaume-Uni, un modèle pour le financement privé des secours d’urgence IRIN DAKAR Afghanistan Africa Armenia Angola Saudi Arabia Azerbaijan Bangladesh Burkina Faso Bahrain Burundi Benin Bhutan Botswana Belarus East Africa DRC Central African Republic Congo Côte d’Ivoire Cameroon Comoros Cape Verde Djibouti Algeria Egypt Eritrea Ethiopia Gabon Georgia Ghana Great Lakes Global Gambia Guinea Equatorial Guinea Guinea-Bissau HORN OF AFRICA Haiti Indonesia Israel Inde Iraq Iran Jordan Kenya Kyrgyzstan Cambodia Kuwait Kazakhstan Laos Lebanon Sri Lanka Liberia Lesotho Libya Morocco Middle East and North Africa Madagascar Mali Myanmar Mauritania Mauritius Maldives Malawi Moldova Mozambique Namibia Niger Nigeria Nepal Oman Palestine Papua New Guinea Philippines Pakistan Qatar Russia Rwanda Southern Africa South Africa Seychelles Sudan Sierra Leone Senegal Somalia Sao Tome and Principe Syria Swaziland Turkmenistan Chad Togo Thailand Tajikistan Timor-Leste Tunisia Tanzania United Arab Emirates Ukraine Uganda Uzbekistan Vietnam West Africa Western Sahara Yemen Zambia Zimbabwe

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DUBAI 20 August 2010 (IRIN) – Donations to Pakistan continue to trickle in amid international calls for more contributions. The Organization of the Islamic Conference on 18 August urged the “international community in general and the Islamic world in…

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CNN’s Richard Quest on the World Economic Forum in Davos, Switzerland.

Richard Quest presents Quest Means Business on CNN.

WEDNESDAY, JANUARY 27

Conversations lead to change

The runners are off…Davos has begun. The agenda is clear: how to do things differently in the future, especially when it comes to the banks.

The discussion has been galvanised by President Obama’s proposals to split the big Wall Street firms and ban proprietary trading. Stephen Green, Chairman of HSBC told me reform of the banks is needed but cautions against doing it in haste. And he doesn’t like president Obama’s proposals for banning prop trading by banks which he says is unworkable.

There are big thoughts being raised here today. Ben Verwaayen the CEO of the telecom company Alcatel-Lucent is promoting cohesive capitalism. He explained that companies need to set policies around a much bigger agenda than earnings per share. “I’m talking about issues…whether that’s health, whether that’s climate change, whether it has to do with the cohesion of society because of diversity. And companies need to contribute.“ This is true Davosian thinking.

Ben knows stating the principle is part of the process at Davos. Tom Glocer the CEO of Thomson Reuters – a seasoned Davos-hand – knows, “Ideas are generated independently. They begin to be socialised. They are essentially repeating what they’ve heard in the corridors here. The idea picks up traction.”

In the cold winter of Switzerland there is, as always, hot debate of these issues and these conversations will eventually lead to change.

TUESDAY, JANUARY 26

Are you going to Davos?

This is the standard question the world’s elite ask each other in the first weeks of the New Year.  Will I see you at the World Economic Forum?  For some the answer may very well be “not sure”, “maybe”, or even “probably not.”  The CEOs of Sony, Facebook and Burger King won’t be here. Steve Forbes is staying away. And President Barosso of the EU has decided to give it a miss too.  But don’t think for a moment Davos is over and done with. The bankers will be out in force. 

Facing swingeing reform from President Obama and with more governments deciding how to impose punitive levies, banks like Citigroup, Barclays and Morgan Stanley are sending top executives.  They will no doubt be cautious not to be seen living the good life at a luxury Swiss mountain resort. The consultants will be meeting clients to cement relations and many CEOs will be eyeing up counterparts warily and pondering whether they should be doing a deal.

Davos will always have a unique role to play in the international calendar and this year is no different.

Tune in to Richard Quest each weekday at 9pm Cairo /9pm Kuwait /9pm Riyadh /10pm Dubai on Quest Means Business. www.cnn.com/qmb
 

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Certains des pays les plus pauvres du monde, qui sont aussi les plus affectés par le changement climatique, sont à la recherche de stratégies pour obtenir l’attention des participants aux négociations climatiques de la Conférence de Copenhague afin que ceux-ci les aident à s’adapter et à faire les choses différemment.

Le nombre fait la force : certains pays, comme le Mali, ont trouvé des bailleurs de fonds pour les aider à envoyer plus de représentants à Copenhague ; le Lesotho et le Burkina Faso se sont associés avec d’autres pays qui connaissent des problèmes semblables. D’autres choisissent de se concentrer sur certains points : à titre d’exemple, l’Érythrée assiste uniquement aux séances qui peuvent lui profiter directement.

La plupart de ces pays feront face, au cours des dix prochaines années, à de terribles pénuries dans la production alimentaire et à des situations de stress hydrique. Leur principal objectif est d’accéder au financement et aux technologies pour les aider à s’adapter au changement climatique dans le cadre d’un accord obtenu à Copenhague.

IRIN a rencontré certains chefs de délégations des gouvernements des pays les moins avancés (PMA) et des ONG locales pour savoir comment les petits pays et les organisations qui peinent à imposer leurs vues planifient de se faire entendre.

Trouver l’argent

Le Mali, un pays d’Afrique de l’Ouest pris dans un cercle vicieux, souvent imprévisible, de sécheresses et de pluies abondantes qui illustre l’impact du changement climatique, a souhaité que son gouvernement envoie une délégation importante et énergique à Copenhague pour s’assurer de peser dans les négociations.

« Pendant un an, nous avons organisé une série d’ateliers auxquels ont participé jusqu’aux autorités locales pour se préparer à exiger du reste du monde, au moment des négociations climatiques, le financement et les technologies pour aider notre peuple à s’adapter », a dit Fatoumata Diakité, ambassadrice du Mali au Danemark.

Lors d’une séance de briefing de fin de journée avec la délégation malienne, elle a ri en se rappelant le nombre de délégués que le Mali était capable d’envoyer dans les conférences mondiales. « Il y avait peut-être cinq personnes du gouvernement, et le reste d’entre nous – neuf femmes desquelles je faisais partie – venaient des ONG. Malheureusement, il n’y a aucune femme dans la délégation envoyée à Copenhague ».

Il n’est pas facile d’être présent à toutes les séances pour exposer leur situation, mais le nombre de délégués représentant le Mali aux négociations sur le changement climatique à Copenhague est passé de 5 à près de 50. « C’est grâce à la volonté politique, et aux bailleurs de fonds que nous avons trouvé pour nous soutenir…La population est de plus en plus sensibilisée au réchauffement climatique ».

Une question de survie

Le Mali est à cheval sur le Sahel, une région aride qui longe le désert du Sahara. Dans cinquante ans, le climat y sera beaucoup plus chaud et sec. « Cinquante pour cent de notre économie dépend de l’agriculture – pour nous, c’est une question de survie », a indiqué Mme Diakité. Selon les prévisions, 68 pour cent de la population connaîtra la faim.

Chacun des membres de la délégation est chargé d’aborder les intérêts et les préoccupations du Mali lors des séances auxquelles il assiste et d’en faire un compte-rendu à son équipe à la fin de la journée. Les membres discutent ensuite de leurs impressions et élaborent des stratégies pour les aider à recentrer leur approche.

D’après Robert Farmer, directeur de Third Planet, une ONG basée aux États-Unis qui fait la promotion du développement des énergies renouvelables, assister aux séances de négociations – qui se prolongent souvent tard dans la nuit – peut être difficile pour tout le monde, mais plus encore pour les représentants des pays plus pauvres qui, souvent, sont incapables de participer à toutes les séances.

Souvent l’unique représentant de son organisation, M. Farmer affirme avoir trouvé des conseils utiles dans On Behalf of my Delegation: A Guide for Developing Country Climate Negotiators [Au nom de ma délégation. Guide de survie des négociateurs des pays en développement sur le climat], un ouvrage de Joyeeta Gupta, un des auteurs des rapports du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

Mme Gupta conseille aux représentants d’assister aux séances les plus importantes pour leur pays ou de trouver des négociateurs de pays dans les mêmes dispositions d’esprit et de diviser les séances entre eux. L’Érythrée, le Burkina Faso, le Lesotho et le Népal semblent avoir suivi son conseil.

« Nous sommes très concentrés dans notre approche – nous participons uniquement aux séances liées au financement des mesures d’adaptation et aux transferts de technologies. Nous avons huit experts qui assistent à ces séances », a dit Seid Abdu Salih, coordonnateur de l’Érythrée pour le changement climatique.

« Cinquante pour cent de notre économie dépend de l’agriculture – pour nous, c’est une question de survie »

Il a remarqué que leur délégation était passée de trois à huit personnes et que l’impact du réchauffement climatique avait poussé le gouvernement de l’Érythrée, qui fait généralement cavalier seul, à permettre aux fonctionnaires de se rendre à la Conférence. « Nous sommes très reconnaissants envers le gouvernement », a-t-il ajouté.

Le Lesotho, un royaume montagneux situé dans le sud de l’Afrique, est aux prises avec de graves problèmes de déforestation, de stress hydrique et de sécheresse. Selon Bruno Sekoli, négociateur en chef pour le Lesotho et président du groupe des PMA, son pays présente beaucoup plus de similarités, en termes de changement climatique, avec les pays de l’Himalaya qu’avec le reste de l’Afrique.

Les négociateurs de ces pays considèrent la possibilité de s’associer. « Nos communautés vivent dans des conditions similaires : nos stratégies d’adaptation risquent d’être elles aussi similaires », a-t-il souligné.

D’un autre côté, des pays comme le Burkina Faso espèrent se faire entendre par l’intermédiaire de regroupements plus importants comme le groupe des PMA et le groupe Afrique. « Si nos voix et nos préoccupations ne sont toujours pas entendues, alors, en dernier recours, nous devrons affronter la situation seuls », a dit Mamdou Honadia, négociateur en chef pour le Burkina Faso.

« L’argent est critique », a dit Uday Sharma, le ministre de l’Environnement népalais. Les PMA ont adopté une position et exercent des pressions pour obtenir ce qu’ils veulent : ils demandent à ce que 75 pour cent de l’argent consacré aux mesures d’adaptation soit destiné aux pays les plus pauvres.

Certaines ONG locales, comme Environmental Alert, en Ouganda, ont établi des partenariats stratégiques avec leur gouvernement afin d’offrir des conseils et une assistance technique et de garder un œil sur les représentants du gouvernement pour s’assurer que les intérêts des électeurs sont pris en considération.

Dans son ouvrage, Mme Gupta suggère aux représentants des gouvernements de demander de l’aide aux ONG de leur pays. Christine Nantongo, qui appartient à Environmental Alert et fait également partie de la délégation du gouvernement ougandais, a indiqué qu’elle suivrait les questions de financement des mesures d’adaptation et de transferts de technologies.

jk/he/gd/np
87406 News Food Climate change Comment obtenir l’attention à Copenhague IRIN COPENHAGUE Afghanistan Africa Armenia Angola Saudi Arabia Azerbaijan Bangladesh Burkina Faso Bahrain Burundi Benin Bhutan Botswana Belarus East Africa DRC Central African Republic Congo Côte d’Ivoire Cameroon Comoros Cape Verde Djibouti Algeria Egypt Eritrea Ethiopia Gabon Georgia Ghana Great Lakes Global Gambia Guinea Equatorial Guinea Guinea-Bissau HORN OF AFRICA Haiti Indonesia Israel Inde Iraq Iran Jordan Kenya Kyrgyzstan Cambodia Kuwait Kazakhstan Laos Lebanon Sri Lanka Liberia Lesotho Libya Morocco Middle East and North Africa Madagascar Mali Myanmar Mauritania Mauritius Maldives Malawi Moldova Mozambique Namibia Niger Nigeria Nepal Oman Palestine Papua New Guinea Philippines Pakistan Qatar Russia Rwanda Southern Africa South Africa Seychelles Sudan Sierra Leone Senegal Somalia Sao Tome and Principe Syria Swaziland Turkmenistan Chad Togo Thailand Tajikistan Tunisia Tanzania United Arab Emirates Ukraine Uganda Uzbekistan Vietnam West Africa Western Sahara Yemen Zambia Zimbabwe

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